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Construire plus vite : ce que le futur projet de loi pourrait changer pour les collectivités

26 juin 2026
Par Sandrine Nachal
Construire plus vite : ce que le futur projet de loi pourrait changer pour les collectivités

Le gouvernement souhaite accélérer la production de logements en donnant davantage de leviers aux élus locaux. Dérogations aux règles d'urbanisme, nouvelles responsabilités dans l'attribution des logements sociaux, renforcement du rôle des intercommunalités : le futur projet de loi « Urgence relance logement » entend simplifier les procédures pour réduire les délais de réalisation des opérations. Si plusieurs mesures restent à préciser au cours de l'examen parlementaire, elles pourraient modifier sensiblement les conditions dans lesquelles les collectivités pilotent leurs politiques de l'habitat.

Face à la crise du logement et au ralentissement de la construction neuve, l'exécutif veut redonner de la capacité d'action aux territoires. L'objectif affiché est clair : permettre aux communes et aux intercommunalités qui le souhaitent de faire aboutir plus rapidement les projets de logements, tout en soutenant l'investissement des bailleurs sociaux.

Aujourd'hui, de nombreuses opérations nécessitent plusieurs années avant leur réalisation, entre les procédures d'urbanisme, les autorisations administratives, les recours éventuels et les contraintes réglementaires. Le gouvernement souhaite réduire significativement ces délais grâce à un ensemble de mesures regroupées dans un projet de loi présenté comme un texte de relance.

Des procédures d'urbanisme plus rapides

L'une des principales évolutions concerne la possibilité d'accorder des dérogations à certaines règles d'urbanisme et de construction afin d'accélérer la réalisation des projets. L'ambition affichée est de permettre à des opérations qui nécessitent actuellement plusieurs années d'aboutir dans des délais beaucoup plus courts.

Pour les collectivités, cette évolution pourrait constituer un levier supplémentaire afin de débloquer certains projets jugés prioritaires, notamment dans les territoires confrontés à une forte tension sur le logement. Elle suppose néanmoins un équilibre entre accélération des procédures, sécurité juridique des décisions et qualité des projets d'aménagement.

Un rôle renforcé pour les élus dans le logement social

Le projet de loi prévoit également de donner davantage de responsabilités aux communes dans l'attribution des logements sociaux. Les maires pourraient ainsi gérer directement une part plus importante des attributions au sein de leur commune, tandis que l'État conserverait les logements relevant de son contingent réservé.

Cette évolution renforcerait la place des élus dans la gestion locale du parc social et pourrait permettre une meilleure prise en compte des réalités territoriales, tout en nécessitant une organisation adaptée pour assurer la transparence et l'équité des attributions.

Les intercommunalités appelées à monter en puissance

Autre évolution importante : le gouvernement souhaite transférer aux intercommunalités la gestion des aides à la pierre ainsi que celle des dispositifs de rénovation énergétique.

Ce choix s'inscrit dans une logique de territorialisation des politiques de l'habitat. Les établissements publics de coopération intercommunale pourraient ainsi disposer d'une vision plus intégrée entre production de logements, rénovation du parc existant, planification urbaine et développement territorial.

Pour les collectivités concernées, cette évolution pourrait s'accompagner de nouvelles responsabilités administratives, financières et techniques.

Un soutien financier aux bailleurs sociaux

Afin de relancer rapidement la construction, l'État annonce également un soutien financier destiné aux bailleurs sociaux. L'objectif est d'encourager la production de nouveaux logements tout en poursuivant la rénovation du parc existant.

Cette mesure vise à répondre au ralentissement des programmes observé ces dernières années, dans un contexte marqué par la hausse des coûts de construction, des taux d'intérêt et des difficultés d'équilibre économique des opérations.

Rénover sans retirer immédiatement des logements du marché

Le projet prévoit également d'assouplir temporairement les règles concernant certains logements énergivores. Les propriétaires de logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique pourraient continuer à les louer sous réserve de s'engager à réaliser des travaux permettant d'atteindre au minimum la classe E dans un délai de trois ans.

Cette disposition vise à limiter la diminution du parc locatif disponible tout en maintenant un objectif d'amélioration progressive de la performance énergétique des logements.

Une nouvelle étape pour le renouvellement urbain

Le gouvernement annonce enfin le lancement d'un troisième programme national de rénovation urbaine (ANRU 3) pour la période 2030-2040. Environ 150 quartiers prioritaires pourraient être concernés, avec une attention particulière portée aux enjeux de sécurité, de santé et d'amélioration du cadre de vie.

Pour les collectivités concernées, cette perspective ouvre la voie à de nouveaux projets de transformation urbaine qui devront être préparés dès les prochaines années.

Des mesures désormais attendues au Parlement

Le futur projet de loi marque la volonté de l'État de simplifier les procédures et de renforcer le rôle des collectivités dans les politiques locales du logement. Son examen parlementaire permettra de préciser les modalités d'application des différentes mesures et leur articulation avec les compétences déjà exercées par les communes, les intercommunalités et les autres acteurs du logement.

Pour les élus locaux, l'enjeu sera de déterminer dans quelle mesure ces nouveaux outils permettront effectivement d'accélérer les projets tout en préservant la qualité de l'aménagement, la sécurité juridique des opérations et l'équilibre des politiques locales de l'habitat.

Source : Rédaction Collectivite(s).info - Auteur Sandrine Nachal