Énergie

Transition énergétique : comment le Thouarsais transforme progressivement ses équipements publics en producteurs d’électricité

18 mai 2026
Par Sandrine Nachal
Transition énergétique : comment le Thouarsais transforme progressivement ses équipements publics en producteurs d’électricité

Ombrières photovoltaïques, autoconsommation, méthanisation, hydrogène, mobilité décarbonée : dans les Deux-Sèvres, une communauté de communes rurale multiplie les chantiers énergétiques Chapo Longtemps considérée comme un sujet principalement métropolitain, la transition énergétique se joue désormais aussi dans les territoires ruraux. À Communauté de communes du Thouarsais, les projets liés au photovoltaïque, à l’autoconsommation, à la méthanisation ou encore à l’hydrogène se multiplient depuis plusieurs années. Ombrières solaires sur les parkings publics, équipements communautaires producteurs d’électricité, mobilité décarbonée et nouvelles infrastructures énergétiques : cette intercommunalité rurale est progressivement devenue l’un des territoires les plus actifs de l’ouest de la France sur les questions énergétiques. Une transformation technique, économique et territoriale qui illustre l’évolution rapide des collectivités rurales face aux enjeux climatiques et énergétiques.

Dans l’imaginaire collectif, les grands projets énergétiques restent souvent associés aux grandes métropoles françaises, aux quartiers d’affaires ou aux grandes infrastructures industrielles.

Pourtant, une partie importante de la transition énergétique française se construit aujourd’hui dans des territoires beaucoup plus ruraux.

À Communauté de communes du Thouarsais, située dans le nord du département des Deux-Sèvres autour de Thouars, la question énergétique est progressivement devenue un véritable axe stratégique de développement territorial.

Depuis plusieurs années, cette intercommunalité multiplie les projets liés :

  • au photovoltaïque ;
  • à la production locale d’énergie ;
  • à la méthanisation ;
  • à l’autoconsommation ;
  • à la mobilité décarbonée ;
  • et aux nouvelles infrastructures énergétiques.

Dans un contexte marqué par la hausse des coûts énergétiques, les tensions sur les réseaux et les objectifs nationaux de décarbonation, les collectivités rurales cherchent désormais à produire localement une partie croissante de leur énergie.

Et dans le Thouarsais, cette stratégie devient particulièrement visible sur le terrain.

Les parkings publics deviennent progressivement des supports de production énergétique

L’un des symboles les plus visibles de cette transformation concerne les ombrières photovoltaïques.

Longtemps considérés comme de simples espaces de stationnement, les parkings des équipements publics deviennent progressivement des infrastructures énergétiques à part entière.

Dans de nombreuses collectivités françaises, les intercommunalités cherchent désormais à valoriser les surfaces déjà artificialisées plutôt qu’à consommer de nouveaux terrains agricoles ou naturels.

Cette logique répond également aux évolutions réglementaires nationales qui encouragent fortement l’installation de panneaux photovoltaïques sur les grands parkings.

Dans le Thouarsais, plusieurs réflexions et projets énergétiques portent ainsi sur :

  • les équipements sportifs ;
  • les parkings publics ;
  • les zones d’activités ;
  • les centres techniques ;
  • ou encore certains équipements communautaires.

L’objectif est multiple :

  • produire localement de l’électricité ;
  • réduire les dépenses énergétiques ;
  • développer l’autoconsommation ;
  • protéger les véhicules des fortes chaleurs ;
  • et préparer le développement des mobilités électriques.

Car les ombrières photovoltaïques deviennent également des supports potentiels pour :

  • les bornes de recharge ;
  • la gestion intelligente de l’énergie ;
  • ou encore le stockage énergétique.

Une stratégie énergétique beaucoup plus large que le seul photovoltaïque

La particularité du Thouarsais réside surtout dans l’ampleur globale de sa stratégie énergétique territoriale.

Contrairement à certaines collectivités qui se limitent à quelques installations photovoltaïques ponctuelles, l’intercommunalité développe depuis plusieurs années une approche beaucoup plus transversale.

Le territoire est notamment régulièrement cité pour ses projets liés :

  • à la méthanisation ;
  • à l’économie circulaire ;
  • aux énergies renouvelables ;
  • et à l’hydrogène.

Le Thouarsais a notamment développé plusieurs initiatives autour de la production de biogaz agricole et de la valorisation énergétique locale.

Cette dynamique s’appuie sur un territoire fortement marqué par l’activité agricole, permettant le développement de projets de méthanisation territoriale.

Dans plusieurs collectivités rurales françaises, la méthanisation devient aujourd’hui un outil stratégique permettant :

  • de produire du gaz renouvelable ;
  • de valoriser certains déchets organiques ;
  • de réduire les émissions ;
  • et de créer des revenus complémentaires locaux.

L’hydrogène rural devient un nouveau chantier énergétique

Autre sujet particulièrement emblématique dans le Thouarsais : l’hydrogène.

Alors que cette technologie reste encore souvent associée aux grandes métropoles ou aux grands groupes industriels, plusieurs territoires ruraux cherchent désormais à se positionner sur cette filière émergente.

Le Thouarsais fait partie des collectivités ayant développé des projets expérimentaux et des réflexions autour :

  • de l’hydrogène vert ;
  • des mobilités hydrogène ;
  • et du stockage énergétique.

Cette orientation traduit une évolution importante des politiques énergétiques locales.

Car les collectivités rurales ne souhaitent plus seulement consommer de l’énergie produite ailleurs.

Elles cherchent progressivement à :

  • produire ;
  • stocker ;
  • piloter ;
  • et parfois redistribuer localement une partie de leur énergie.

Des équipements publics de plus en plus énergivores

Cette accélération des projets énergétiques s’explique aussi par une réalité budgétaire très concrète.

Comme de nombreuses collectivités françaises, les communautés de communes rurales ont subi de plein fouet la hausse des coûts énergétiques observée depuis plusieurs années.

Piscines intercommunales, gymnases, bâtiments administratifs, éclairage public, équipements sportifs ou culturels représentent des postes de dépenses particulièrement lourds.

Dans certains territoires, les factures énergétiques des collectivités ont fortement augmenté depuis 2022.

Résultat : de nombreuses intercommunalités cherchent désormais à sécuriser une partie de leur production énergétique locale.

Les ombrières photovoltaïques apparaissent alors comme une solution particulièrement attractive car elles permettent :

  • d’utiliser des surfaces déjà artificialisées ;
  • de produire localement ;
  • de limiter certaines dépenses ;
  • et d’améliorer la résilience énergétique des équipements publics.

Les zones d’activités deviennent elles aussi des laboratoires énergétiques

Dans le Thouarsais, la transition énergétique concerne également les zones économiques.

De nombreuses intercommunalités rurales cherchent aujourd’hui à transformer leurs zones d’activités en véritables pôles énergétiques locaux.

Cela passe notamment par :

  • des toitures photovoltaïques ;
  • des ombrières ;
  • des bornes de recharge ;
  • des projets d’autoconsommation collective ;
  • ou encore l’optimisation énergétique des bâtiments.

Cette évolution répond à plusieurs enjeux :

  • attractivité économique ;
  • compétitivité des entreprises ;
  • réduction des coûts ;
  • décarbonation ;
  • et sécurisation énergétique.

Pour les collectivités, la transition énergétique devient ainsi un outil de développement territorial à part entière.

Une nouvelle génération de chantiers pour les collectivités rurales

Le cas du Thouarsais illustre une mutation beaucoup plus large observée dans de nombreux territoires ruraux français.

Pendant longtemps, les grands projets énergétiques étaient principalement pilotés :

  • par l’État ;
  • les grands énergéticiens ;
  • ou les grandes métropoles.

Aujourd’hui, les intercommunalités rurales deviennent elles aussi des acteurs majeurs de la production énergétique locale.

Cette évolution transforme profondément les compétences des collectivités territoriales.

Les communautés de communes doivent désormais gérer :

  • ingénierie énergétique ;
  • marchés publics techniques ;
  • raccordements ;
  • autoconsommation ;
  • maintenance ;
  • stockage ;
  • mobilité électrique ;
  • et pilotage énergétique.

Dans de nombreux territoires, cette montée en compétence s’accompagne également du développement de nouveaux partenariats avec :

  • syndicats d’énergie ;
  • bureaux d’études ;
  • développeurs photovoltaïques ;
  • agriculteurs ;
  • entreprises locales ;
  • et opérateurs techniques.

Produire localement pour sécuriser les territoires

Au-delà de la seule question environnementale, les collectivités rurales voient également dans ces projets une question de souveraineté territoriale.

La crise énergétique a montré la fragilité de certains territoires dépendants de réseaux énergétiques extérieurs.

Produire une partie de l’énergie localement devient donc :

  • un enjeu budgétaire ;
  • un enjeu de résilience ;
  • mais aussi un enjeu d’aménagement du territoire.

Pour les élus ruraux, les projets photovoltaïques ou énergétiques ne sont plus uniquement perçus comme des opérations environnementales.

Ils deviennent progressivement des infrastructures stratégiques comparables :

  • aux réseaux d’eau ;
  • aux infrastructures numériques ;
  • ou aux équipements de mobilité.

Dans le Thouarsais comme dans d’autres territoires ruraux français, cette transformation reste encore en construction.

Mais une chose apparaît déjà clairement : les parkings publics, les bâtiments communautaires et les équipements intercommunaux ne sont plus seulement des infrastructures de service public.

Ils deviennent progressivement les nouvelles centrales énergétiques locales des territoires ruraux.

Source : Rédaction collectivité(s).info SPM Group Sandrine Nachal Photo: Parc Tiper solaire. ©Thouarsais